Travailler avec un illustrateur

Avant toute chose, recevez mes meilleurs vœux pour 2021. J’espère que vous irez bien, vos proches aussi, et que petit à petit nous bouterons la Covid-19 hors de nos vies pour y remettre ce qui nous manque. (dans mon cas, des spectacles, des voyages, reprendre mes répétitions de musique avec mes copains et copines, aller au restaurant et en SALONS !!!)

Et si je vous reparlais de mon roman, mais en mode « making of » ? J’ai déjà amplement parlé du processus d’écriture et de corrections, alors je pense plus intéressant de vous raconter comment la couverture et les illustrations intérieures ont été conçues. En fait, c’était complètement nouveau pour moi : jusqu’à présent, je n’avais publié que des nouvelles en anthologies, et dans ce cas les auteurs et autrices ne sont pas consultés sur la couverture, qui est du ressort de l’anthologiste avec l’éditeur. La plupart du temps, les auteurs découvrent la couverture quelques semaines avant la sortie de l’anthologie.

Pour un roman, c’est tout autre chose. J’ai eu la chance de travailler sur le projet de couverture de Sous la lumière d’Hélios avec l’illustrateur Jean-Mathias Xavier et Jérôme Baud, directeur des éditions Armada.

Une chance parce que, pour avoir observé ce qui arrivait à certains auteurs autour de moi, ce type d’échanges et de collaboration intense n’est pas toujours la règle.

On m’a raconté le cas de la couverture plus ou moins imposée parmi une banque d’images gratuites, dans laquelle on fouille pour trouver ce qui convient à peu près au roman.

Il y a eu le cas de la couverture tellement affreuse qu’on ne l’assume pas.

Il y a eu le cas de l’illustration originale qui ne reflète pas du tout le roman.

Plus ceux des couvertures banales qui n’attirent pas le regard.

Je dois dire que chacun de ces risques me faisaient trembler, parce que je me mettais alors dans ma peau de lectrice. J’achète assez facilement des bouquins, alors qu’est-ce qui m’attire en premier dans un livre, si je ne connais pas l’auteur ni l’éditeur ?

La couverture, bien évidemment.

Le texte de la 4ème, l’éditeur, la personnalité de l’auteur, les retours sur les RS, cela arrive après. Le plus accrocheur, c’est la couverture qui doit attirer le regard, dire tout de suite au lecteur ce qui l’attend, qui se démarque des autres. Et belle, quoi !

Pas évident.

C’est un métier. Celui de l’illustrateur.

Je me souviens en avoir parlé avec Jérôme, dans les premières semaines de notre travail ensemble : « Comment ça se passe, le travail sur la couverture ? ». Et là, il m’a répondu « C’est une collaboration à 3, entre l’illustrateur, l’auteur et moi ». Parfait !

Et encore plus Wow ! quand j’apprends que Jean-Mathias Xavier sera l’illustrateur d’Hélios et qu’il va lire le livre avant de se mettre au travail.

Cela peut sembler évident, mais je ne suis pas certaine que dans toutes les maisons d’édition, l’illustrateur ait le temps de se plonger dans le roman à illustrer pour travailler ensuite. C’est peut-être aussi la façon qu’a Jean-Mathias de s’immerger dans les univers des auteurs, pour mieux dessiner ensuite, mais apprendre cela m’a provoqué une émotion fantastique. Quelqu’un allait lire mon roman pour le faire sien et traduire en image mon univers ! Franchement, on m’aurait dit qu’on allait en faire une BD ou un film, je n’aurais pas été plus heureuse ou excitée. Je suis une fan de BD, j’ai grandi entourée de la collection de mes frères, alors j’étais aux anges.

Jérôme nous a donc mis en contact, Jean-Mathias et moi-même, pour discuter de la couverture. Quelques jours plus tard, Jean-Mathias me donne RV pour une discussion au téléphone, et commence par me dire à quel point il a aimé mon roman… Une sacrée émotion pour moi, de nouveau ! Il a été, en réalité, le premier lecteur de la version finale du roman. Je me souviendrai longtemps de cette conversation, d’autant qu’il me dit « Je ne vais pas me contenter d’une couverture, je veux dessiner tous les personnages, on va faire un portfolio à la fin du livre ou dans le roman, je verrai avec Jérôme ». Nous parlons de mes influences, de qui je verrais comme acteur ou actrice pour jouer mes personnages, je me rends compte qu’on a une culture geek commune… bref, je crois qu’on a discuté pendant presqu’une heure, et j’ai encore chaud au cœur en repensant à son enthousiasme et sa capacité à capter tout de suite ce que je souhaitais pour mon livre ou pas. « C’est très important que tu aimes ta couverture ! », n’arrêtait-il pas de me dire.

Énorme, quoi. Jérôme était d’accord pour le porfolio (c’était Noël avant l’heure pour moi, hein), et on a commencé ensemble le travail de réflexion sur la couverture. Déjà, Jean-Mathias s’était lancé à dessiner les personnages et me les envoyait pour me faire saliver. Je n’en finissais pas de m’exclamer de joie à chaque envoi… Ces beaux dessins sont désormais dans le portfolio !

Pour la couverture, nous étions partis au début juste sur une mise en lumière de Clara, mais très vite nous nous sommes rendu compte qu’on voulait plusieurs personnages, qui représenteraient les différents groupes d’humains sur Eltanis. Moi j’avais envie de teintes chaudes, pour rappeler la couleur de la planète, qu’on aperçoive des éléments de décor. Les premiers croquis arrivent : je crois que j’aurais tout pris, tellement j’étais enthousiaste de voir mon univers prendre forme.  Heureusement, Jérôme avait des idées bien précises sur ce qu’il voulait ou non comme type d’illustration, en particulier je pense pour créer une certaine unité au sein de la collection. L’étude des différentes options a pris un moment, les propositions fusaient.

une des versions préliminaires de la couverture, où l’on cherchait comment montrer les pouvoirs psy de Clara
Là, Clara donnait vraiment trop l’impression de vouloir zigouiller tout le monde 🙂

J’aimais bien celle-là, mais mon éditeur, non. Elle faisait un peu BD, c’est peut-être pour ça que j’avais flashé dessus 🙂

Une fois d’accord sur le projet définitif, il a fallu statuer sur la police d’écriture sur la couverture, sur ce qui allait figurer sur les rabats, etc. J’ai réalisé que la forme du livre avait une importance très forte chez Armada : du beau papier, des couvertures originales, des illustrations intérieures, et toute la collection des Carnets de Croquis montrent la place que Jérôme Baud accorde à la présentation de ses livres. Mon roman allait se retrouver dans un bel écrin.

Les livres sont imprimés pour un lancement pour les Aventuriales. La veille du salon, mon éditeur arrive avec la Team Armada et m’offre mes exemplaires, et là, surprise ! Sur le rabat, la Clara que nous avions validée en noir et blanc a été encore embellie, avec une mise en couleurs d’aquarelle. J’en suis tombée de ma chaise. Ils m’avaient fait une jolie surprise, tous les deux !

Bref, voilà le processus que j’ai vécu pour la mise en forme de mon roman. J’espère que cet article vous aura plu et vous aura donné envie de découvrir le travail de Jean-Mathias Xavier, aussi talentueux que bienveillant, et celui des éditions Armada, parce que tous les livres sont chouchoutés comme le mien.

Je ne résiste pas au plaisir de la remettre ici…

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