LADM : African Tabloïd de Janis Otsiemi

4è de couverture :

Libreville. 2008. Un an avant les élections, un type est retrouvé mort sur une plage de Libreville, près du palais de la présidence de la République, une balle dans la gorge et deux doigts de la main gauche coupés.

La victime est un journaliste d’investigation connu pour ses enquêtes très sensibles sur le pouvoir dont il dénonçait la corruption et la main mise sur les affaires du pays. Pour la corporation, la société civile et les associations de défense de la presse, il s’agit là, à l’évidence, d’un assassinat politique.

Mais à Libreville, comme partout ailleurs en Afrique, les apparences sont souvent trompeuses…

Mon avis :

J’ai eu la chance de rencontrer Janis Otsiemi lors d’un de ses passages en France. Invité par Quai du polar en 2017, il a fait un crochet par la librairie du Cadran Solaire à Riom où nous avons pu échanger quelques mots et où il m’a gentiment dédicacé plusieurs romans, dont celui-ci.

L’histoire est assez classique, et dépeint la vie quotidienne et les enquêtes d’un commissariat de police à Libreville. A l’instar d’American Tabloïd, le roman se penche sur les complots, visant à ébranler le pouvoir, à travers le meurtre d’un journaliste d’investigation.

Alors, on est très loin du pavé de James Hellroy, mais les magouilles et autres indélicatesses que l’auteur nous décrit à propos de son pays sont omniprésentes. Plus que l’enquête policière, c’est la peinture de la société gabonaise qui m’a intéressée, les lieux, les habitants, la place des femmes, la relation à la France et aux pays voisins, l’importance des ethnies, etc. L’autre point fort de ce roman, c’est la langue. Point de fioritures ou d’effets de manche, Janis Otsiemi va droit au but, mais parsème son texte d’expressions gabonaises et c’est un régal. Quand on apprend qu’interrompre ses études se dit « casser le BIC », que des policiers racketteurs d’automobilistes sont des « mange-mille » et qu’avoir de l’embonpoint s’exprime par « être un Michelin », cela ajoute à l’immersion.

Je retiendrai de cette lecture moins la densité ou la complexité de l’enquête policière, somme toute assez vite résolue grâce à de sacrés coups de chance des enquêteurs, que l’ambiance « film noir » de l’histoire, les dessous sombres de la vie politique ou journalistique au Gabon, l’évocation des trafics de médicaments, la présence de pédophiles bien français… Au-delà de l’humour de l’auteur et du côté fleuri de la langue, on sent une colère sourde, qui transparait au détour des pages. Janis Otsiemi écrit également des essais politiques, cela n’a rien de surprenant.

Voilà la fin (provisoire, j’en ai d’autres à lire) de mon court voyage littéraire au Gabon, à bientôt pour une nouvelle escale !

Edit : comme je suis une quiche en géographie, voilà de quoi m’instruire, et peut-être vous aussi, du reste !

(source TomTom2020)

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