Influences inconscientes…

Je viens de prendre une claque intellectuelle en regardant, bien des années après sa première diffusion, la mini-série télévisée Dune, d’après l’œuvre de Frank Herbert, publiée aux USA en 1965 et en France en 1970, dans une traduction de Michel Demuth : je vous mets le lien du DVD ci-dessous.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Dune_(mini-s%C3%A9rie)

Pour bien poser le contexte, j’ai lu et adoré les trois premiers tomes du roman (édition poche, Dune/le messie de Dune/les enfants de Dune), un planet opera fondateur pour moi, humaniste, écologiste, politique, bref, très important dans mon imaginaire d’adolescente (je pense l’avoir lu trois fois entre le collège et le lycée, mais bizarrement j’ai boudé les suites : il est vrai que les « beaucoulogies » me lassent). Et pendant 40 ans, je ne l’ai par ouvert. Et j’ai oublié la plupart des ressorts de l’histoire, jusqu’aux noms de personnages principaux que je retrouve avec plaisir sur écran.

Cette série est réussie, bien plus à mes yeux que le cataclysmique film de David Lynch (1984) où j’avais trainé à sa sortie TOUTES mes copines. Je me revois, dévastée après la séance, m’excuser de leur avoir survendu cette chose… J’ai perdu de nombreux points de crédibilité ce jour-là auprès d’elles 🙂

Je recommande la série parce que les personnages ne sont pas tournés en ridicule, que les péripéties principales s’y trouvent et qu’une personne qui ne connaîtrait pas le bouquin arriverait, je pense, à apprécier ce spectacle sans problème.

Quel plaisir, malgré les effets spéciaux datés, que de se consoler du report du film de Denis Villeneuve en regardant ces films !

Et là, en observant le mode de vie des Fremen, j’ai pris une claque.

« Mes » Tanissiens. Ils ressemblent tant aux Fremen ! Leur indépendance, la place de l’élément liquide dans leur vie, les rituels, la vie communautaire, les tatouages, leur façon de s’éclairer, bref…

Je vous jure la tête sur le billot que c’est involontaire. Que j’ai écrit un planet opera sans me dire « je vais copier Dune« . Bien sûr que non, jamais je n’aurais eu une telle prétention et un telle stupidité.

C’est juste mon fichu cerveau qui m’a joué des tours. J’ai tellement intégré ce roman dans mon imaginaire qu’il y a fait son nid, qu’il reste inconsciemment ma référence. Dune m’a tant impressionnée qu’il s’est imprimé en moi.

Je me souviens qu’un lecteur m’avait dit que l’écriture d’une de mes nouvelles lui rappelait Lovecraft. J’avoue avoir été très contente de ce retour parce que j’ai beaucoup d’admiration pour l’ambiance des récits d’HPL. Et surtout, j’étais satisfaite d’avoir réussi mon coup car dans ce cas-là, le côté lovecraftien était volontaire et conscient, un hommage à ma manière.

Mais pour le roman, non, rien de tout ça, j’ai juste essayé d’imaginer un système de vie solidaire, clanique, qui soit cohérent avec ma planète, et… paf. Je n’ai pas l’impression que les lecteurs et lectrices m’en veuillent pour le moment, mais l’autre soir, je vous assure que cela m’a laissée comme deux ronds de flan. Etonnée, et pourtant… maintenant, cette influence me paraît tellement évidente.

Nous sommes obligatoirement marqués par nos grandes lectures, par ces livres que nous aimerions emmener sur une ile déserte. Quand on passe de la posture de lecteur à celle d’écrivain, on cherche à retrouver dans nos textes le frisson éprouvé de l’autre côté du livre. Alors quoi de plus normal que de puiser dans nos souvenirs de lecture, même involontairement ? Mon chéri a tenté de me rassurer en me disant que finalement, j’avais juste imaginé un peuple vivant en harmonie avec son environnement, rien de bien étonnant ni de follement original. Ouf.

Je me souviens que lors de l’écriture du premier jet d’Helios, je faisais attention à ne pas trop lire de SF « spatiale » pour ne pas être influencée malgré moi par les ressorts, intrigues, coups de théâtre des autres auteurs. Mais je lisais quand même de la fantasy, du fantastique, de la dystopie… alors, qui sait si des tournures, des tics d’écriture, ne me sont pas venus quand même, au moment où je posais mes propres mots ?

Les auteurs ne sont pas étanches. Et finalement, tant mieux.

Passez une bonne journée !

2 commentaires sur “Influences inconscientes…

  1. Bel article ! Je te trouve quand même un tantinet sévère avec toi-même, tes Tanissiens ont vraiment une réelle originalité… mais c’est vrai qu’il y a forcément des influences inconscientes. Ici c’est quand même une belle influence 😉

    Aimé par 1 personne

  2. Merci JS ! C’est drôle, je viens juste de réécouter le podcast de Procrastination qui traite de « Faire original » (saison 4 épisode 3 ), c’est tout à fait moi :D. Mais oui, les influences sont obligatoires et vu le nombre de livres que je lis par an, je ne peux pas me souvenir de tout, donc être consciente de tout ce que j’emprunte ici ou là… By the way, si tu ne connais pas la mini série Dune, je te la recommande, même si les effets spéciaux ont un peu vieilli, c’est pas mal du tout.

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