Mois de la nouvelle : Kabu Kabu de Nnedi Okorafor

Je termine ce challenge de lecture de nouvelles par un recueil paru en 2018 aux éditions de l’Instant et que j’ai acheté l’an dernier aux Imaginales, Kabu Kabu, de Nnedi Okorafor. J’avais envie de découvrir cette autrice qui, bien que vivant aux USA, puise son imaginaire dans ses racines nigérianes.

La couverture était également un puissant attractif, tant l’oeuvre Black Madonna par Katarzyna Wimanska est forte.

Malheureusement, le recueil est un poil décevant pour plusieurs raisons.

En premier lieu, j’ai de fortes réserves concernant le travail d’édition : coquilles typographiques (des retours à la ligne mal faits), fautes d’accords basiques, mots manquants et même une page 136 agrémentée dans la marge gauche d’une numérotation ?? montrent que le bon à tirer aurait gagné à être correctement relu. Et j’ai remarqué aussi des lourdeurs stylistiques facilement améliorables, qui font que j’ai peiné, souvent, à entrer dans ce recueil…

Concernant les textes, mon sentiment est mitigé : autant la nouvelle Kabu Kabu m’a enthousiasmée par son mélange de fantastique, d’humour et de nostalgie, autant pour d’autres il me semblait lire des contes inachevés plus que des nouvelles, ou des tranches de vie sans grand chose de fantastique. Parfois, j’avais l’impression que certains textes se terminaient en queue de poisson, pour tout dire.

Pour cette raison, je ne vais pas détailler tous les textes de cette anthologie.

En plus de Kabu Kabu, j’ai bien aimé :

  • la Maison des difformités, un récit horrifique bien fichu,
  • Le Tapis, une histoire de maison hantée,
  • Icône, un récit glaçant sur la mésaventure de deux journalistes américains
  • L’artiste araignée, un très bon texte, original, un de mes préférés du recueil
  • Séparés, un texte magnifique sur l’amour, une sorte de Philémon et Baucis à la sauce nigériane.
  • L’affreux oiseau, qui se passe à l’île Maurice, une fois n’est pas coutume, et évoque le dodo

Je recommande quand même la lecture de ces textes : malgré leur côté inégal, ils ont en commun des thèmes intéressants : la place des femmes au Nigéria, la polygamie, le poids des traditions pour les Nigérianes vivant en Amérique, les légendes comme les coureurs de vent, les coutumes comme les huttes d’engraissement et l’excision, sensées rendre les femmes séduisantes, le tout mêlé à des téléphones portables, des ordinateurs, sans parler des ravages écologiques et sanitaires dus à la présence des multinationales du pétrole, etc. Ce mélange étonnant de modernité et de traditions qui paraissent relever d’une autre époque à mes yeux d’Occidentale m’a vraiment fascinée. J’ai finalement trouvé ce que je cherchais dans ce recueil : un imaginaire décalé, dérangeant parfois, éloigné de mes lectures habituelles.

Mention spéciale aux deux derniers textes du recueil, moins des nouvelles que des entrées de journal ou des récits de vie, où l’autrice nous raconte le racisme quotidien et le harcèlement qu’elle et sa famille ont expérimentés à leur arrivée aux USA, à la lumière de deux anecdotes. Terrible.

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