Le mois de la nouvelle : Fragments de fleurs aux pétales cramoisis de Santiago Eximeno

Deuxième ouvrage de mon challenge perso de lecture de nouvelles en ce mois de juin, un recueil de l’écrivain espagnol Santiago Eximeno, traduit du castillan par Jacques Fuentealba, et édité chez Gephyre : Fragments de fleurs aux pétales cramoisis.

Prenons déjà quelques minutes pour examiner l’objet-livre. Rien n’annonce la littérature de l’imaginaire sur la sobre et très belle couverture, le seul petit indice étant le marque-page où figure la devise de cette jeune maison d’édition : des ponts dans l’imaginaire. Couverture à rabats, papier de qualité, couleurs délicatement choisies, on sent que cet écrin fignolé renferme un texte qu’on n’oubliera pas.

La dédicace de Jacques Fuentealba annonçait la couleur : « une des plus belles plumes du fantastique espagnol actuel ». Il ne m’a pas menti. Je viens de prendre une claque en dégustant ce recueil.

Il comporte huit nouvelles, écrites parfois au présent, parfois au passé, et l’une commence même au futur, un choix audacieux mais parfaitement justifié par l’histoire. Les textes sont ciselés, chaque mot à sa place, et chacun a sa voix singulière.

Je crois que ce recueil rassemble tout ce que j’aime en nouvelles fantastiques : l’originalité du sujet, la manière dont le quotidien se teinte d’étrange, parfois juste par un mot, qui change la tonalité de l’histoire d’un seul coup. J’aime ces personnages si justes que j’ai l’impression d’en avoir connu certains. Également, j’aime la façon dont l’horreur s’invite, sans ostentation, comme un bref coup de scalpel ou une pelletée de terre. Et cette plume, sobre et délicate, du grand art.

Je ne saurais dire quelle nouvelle a ma préférence. De la première du recueil, À ses côtés, juste deux pages saisissantes, jusqu’à À la fin de ce voyage, un texte d’une beauté et d’une mélancolie poignantes, en passant par le terrible texte qui donne son nom à l’ouvrage, toutes ces nouvelles m’ont passionnée. Mentions spéciales quand même à cette petite merveille d’épouvante qu’est À la nuit tombée, et également au fantastique Cordes, magistral.

Voilà, je n’en suis pas encore revenue, je pense que je vais les relire, pour le plaisir, pour m’étonner encore de la façon dont un auteur est capable d’emballer une histoire avec une telle économie de moyens. Et, comme il s’agit de littérature espagnole, saluons le travail de traduction de Jacques Fuentealba, qui permet à de pauvres francophones comme moi de découvrir un auteur d’une telle qualité.

Je commence à me dire que ce challenge est une sacrée bonne idée.

 

 

 

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