Mois de la nouvelle : Malpertuis X

Bonjour !

Il m’est apparu devant mes yeux ébahis que je lisais peu de nouvelles même si :

  •  c’était mon genre de prédilection quand j’étais ado
  •  j’en écris encore
  •  j’aime lire des nouvelles !
  •  j’ai des tas d’anthologies et de recueils que je n’ai jamais ouverts (honte à moi)

Devant cette bizarrerie comportementale, j’ai décidé d’instituer mon défi de lecture à moi toute seule (mais adoptez-le si vous voulez, hein) : le mois de la nouvelle, juin, où je vais lire et chroniquer uniquement cette forme littéraire. Et paf.

Et on attaque avec un achat tout récent : Malpertuis X !

Dixième anthologie annuelle de la maison d’éditions Malpertuis, Malpertuis X propose 23 nouvelles fantastiques aux thèmes variés.

Comme d’habitude dans toute anthologie ou recueil, mes impressions ont été diverses. Parfois étranges, parfois classiques, parfois étonnantes, les nouvelles présentées par l’anthologiste Thomas Bauduret se succèdent sans se ressembler. Le point commun est la qualité de l’écriture et la beauté de l’objet-livre, avec son inquiétante couverture par Krystal Camprubi. Et c’est parti pour un petit mini retour, nouvelle par nouvelle !

La route du continent, par Sylwen Nordenn, est une bien belle mise en bouche et fait partie des textes étranges, où des protagonistes à la dérive finissent par se raccrocher les uns aux autres.

Ma vie n’est qu’un souffle et un peu de vent, de Kevin Kiffer : titre magnifique, et histoire originale.

Recherche corps désespérément, par Catherine Robert : une nouvelle à chute, fort courte, assez classique, avec un brin d’humour.

Bip Beeeep de Marie Boissière : bien barrée, cette histoire ! Je l’ai beaucoup aimée, pour son ton humoristique et la qualité de sa chute.

La petite musique du sable, d’Antoine Vanhel:encore un texte court, au ton décalé, assez original.

Un ange passe, à peu près, d’Olivier Jarrige : une nouvelle loufoque, qui ne m’a pas plus enthousiasmée que cela, peut-être à cause de sa longueur.

Un fantôme à l’aube, d’Emmanuel Delporte : une nouvelle fort sombre sur la condition de l’écrivain, poussé à écrire jusqu’à l’horreur.

Le jour du marchand de sable de Marlène Charine : une histoire amusante, un poil longuette à mon goût (il faut aimer les personnages bavards) avec une jolie chute.

Dans mon frigo, j’ai mis ma poupée, de Stéphanie Courteille : j’ai beaucoup aimé cette histoire horrifique, brève et efficace.

Une livre de chair, de Marc Falvo : très bonne aussi, une autre histoire d’écrivain à la Muse exigeante, pour le moins.

La toupie folle, de Sylvie Dupin : une très jolie nouvelle, poétique, nostalgique, et une plume à l’avenant.

Black Dog, de Nicolas Sick : un très bon texte, original.

Au cœur du végétal, d’Elodie Serrano : une nouvelle amusante, construite autour de deux points de vue, avec une chute que je n’ai pas vu venir.

Collision sur la départementale cinquante-neuf, de Xavier-Marc Fleury : très bonne histoire, haletante, avec une fin somme toute classique, mais bien amenée. Une de mes préférées du livre.

La chasse aux hirondelles de Céline Lafon : une autre de mes préférées. J’ai beaucoup aimé l’originalité du sujet (ça se passe dans les îles Kerguelen et j’ai un faible pour les TAAF) et le traitement qui en fait, à mon sens, une nouvelle de fantastique pur jus.

L’Assemblée, de Pascal Malosse : cette nouvelle intéressante joue dans le registre de l’absurde et du cauchemar.

Le théâtre de la ruelle Murr, d’Anzala Peytoureau : belle mise en abyme dans le monde du théâtre, où nous nous demandons où commence la réalité et où finit la pièce.

A l’encre de mes souvenirs, de Bénédicte Coudière : très belle histoire, mélancolique et originale, sur fond de tatouage. Une autre de mes préférées !

Les eaux crues, par François Focant le Mercoeur : très bonne nouvelle, également, horrifique comme il le faut.

Le règne végétal de Léa Bayle : magnifique texte, court, beau comme un haïku.

Jusqu’à la mort, de Marie Latour : un texte glaçant, efficace. Brrr.

Hécate, de Caroline Blineau : un texte singulier, servi par une très belle plume, et laissant l’imagination de chacun l’interpréter. Pour moi : destin brisé de déesse, préfigurant celui des femmes ?

Histoire d’eau, d’Audrey Salles : un final horrifique et original, de nouveau, qui clot bellement cette anthologie.

En conclusion : 23 univers différents, 23 plumes, j’ai eu de véritables coups de cœur pour certains textes, d’autres m’ont laissée plus perplexe ou m’ont paru un peu trop classiques. Mais c’est une belle livraison que ce cru 2019 qui m’a permis de découvrir et retenir quelques noms d’auteurs et autrices que je ne connaissais pas encore. Et c’est un des intérêts de ces formes courtes : explorer, être curieux, se laisser surprendre le temps de quelques pages.

Bon, une bonne idée que ce mois de la nouvelle, hein ? Et vous, une petite antho, pour la route ?

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